Je suis qui je suis de Catherine Grive

Quatrième de couverture

On me prend pour ce que je ne suis pas.
Et je suis qui on n’imagine pas.

Qu’on soit fille ou garçon, on peut avoir un chagrin.
Grave, pas grave, mais un chagrin.
Qu’on soit fille ou garçon, on voudrait pouvoir l’oublier. Surtout quand c’est l’été et qu’on le passe à la maison. Les copains sont partis, les parents sont là sans être là. Alors, on vole le courrier des voisins pour se changer les idées. Et on rencontre une fille qui n’est pas son genre. Mais au fait, de quel genre est Raph’ ?

Mon avis

J’étais assez curieuse de découvrir Je suis qui je suis car le sujet semblait prometteur sur la question du genre. Raph’ est un garçon ou une fille ? Pourquoi ce chagrin qui persiste ? Est-il lié à son identité ? Je suis qui je suis a été dans l’ensemble une bonne lecture, je ne la regrette pas, néanmoins il est vrai que je m’attendais à quelque chose de très différent. Du coup, je ne sais pas trop quoi penser de ce livre car il n’est pas mauvais mais je ne l’ai pas trouvé si génial que ça. Je suis un peu perplexe, je l’avoue.

Pour éviter tout spoiler quant au genre de Raph’ je vais délibérément utiliser son prénom ainsi que « (e) » pour tout adjectif que je devrais accorder. Ainsi le doute sera toujours de mise…

C’est la fin de l’année, le début des vacances, Raph se retrouve seul(e) à la maison avec un chagrin qui persiste, une certaine mélancolie qui va l’amener à voler le courrier de ses voisins pour passer le temps. Raph’ va également faire la connaissance d’une fille, la cousine d’un de ses amis avec laquelle Raph’ va passer du temps. Mais son chagrin persiste alors Raph’ va tâcher d’en découvrir l’origine…

Pendant une partie du livre, on se demande bien de quel genre est Raph, au niveau stylistique, pas une seule erreur et pourtant j’ai bien regardé s’il n’y avait pas une indication à un moment donné… Il n’y a aucune indication quant à une piste éventuelle. L’auteur laisse planer le doute un bon moment jusqu’à un élément décisif qui révélera la vérité à son sujet. Par la suite, il sera clairement établit de la nature de son genre. Une révélation qui arrive un peu avant la moitié du livre. C’est donc une contrainte intéressante que s’est posé l’auteur pour maintenir autant que possible le suspense à ce sujet. J’avoue m’être fait avoir.

La plume de l’auteure est des plus agréables, c’est vraiment très bien écrit donc rien que pour ça, il faut se pencher sur ce livre ou ses écrits. Je me suis attachée à Raph’ qui est un personnage assez difficile à saisir car entre ses pensées et ses actions, on n’a pas affaire à une même personnalité. A chaque instant, je me demandais ce qui s’était passé pour ressentir un tel chagrin et mal être quelque part.

L’adolescence est une période charnière importante qui permet de passer de l’enfance à l’âge « adulte », ce moment où l’on se cherche, où l’on se pose des questions sur son identité. Raph’ passe en partie par tout cela et vu le sujet sous-jacent, la question du genre j’imaginais un certain scénario que je n’ai pas vraiment retrouvé ici. Je trouve que cette question est finalement laissée un peu de côté. C’est traité mais j’avoue que la réponse à ce « chagrin » n’est pas forcément des plus satisfaisantes, en tout cas pour moi.

Arrivée à la fin du livre, j’avoue être un petit peu perplexe parce que j’ai la sensation qu’il me manque quelque chose. Ma première réaction a été : « tout ça pour ça ? » C’est bien dommage alors même que le sujet était intéressant. Je m’attendais à ce qu’on aborde la question du genre de manière plus précise, incisive sur l’identité (pas spécialement sexuelle d’ailleurs). Or ici on reste en surface et l’explication ne me semble pas « convaincante ». Peut-être le livre est-il trop court pour aborder tout cela.

Malgré cela, ce n’est pas un mauvais livre car il y a des réflexions, des questions intéressantes qui sont soulevées ici en lien avec l’identité, la famille. Le cadre familial joue beaucoup sur ce chagrin, mais ce n’est peut-être pas assez développé pour que l’explication finale soit « logique ». Je ne saurai dire, ça serait intéressant de débattre sur ce livre, donc si vous l’avez lu n’hésitez pas à venir m’en parler ! Peut-être suis-je passée à côté de quelque chose…

En bref, Je suis qui je suis est une lecture qui me laisse un peu perplexe car ce n’est pas mauvais, j’ai passé dans l’ensemble un bon moment de lecture et le sujet est intéressant. Mais j’avoue que l’explication finale pour tout ça ne m’a pas vraiment plu et convaincu. Je trouve que ça retombe comme un soufflé alors que la base était bonne. A vous de vous faire votre propre opinion, néanmoins cela m’aura fait connaître cette auteure et je vais me pencher sur ses autres écrits (voir les sujets dans un premier temps) car l’écriture m’a bien plu.

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